Lipizzan International Federation
La genèse de la race Lippizzane
Bref historique de l'élevage
Caractéristiques du cheval Lipizzan
Le Lipizzan,un cheval pluridisiplinaire.
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Bref historique de l'élevage

Pendant deux siècles, la race Lipizzane put se développer paisiblement, protegée par la puissance des Habsbourg, en son berceau historique de Lipizza. Les conditions climatiques et la rudesse du sol pierreux de ce terroir, comme les progrès de la zootechnie, contribuèrent à donner aux Lipizzans, une robustesse et une longévité reconnaissables encore aujourd'hui chez leurs descandants.

Au XVIIIe siècle, le haras de Lipizza dénombra 300 chevaux. Ceux-ci sont alors considéré comme les meilleurs chevaux de selle et ne manquent pas, par leurs qualités intrinsèques, d'influencer l'élevage de toute la monarchie Danubienne. A partir de 1722, la jumenterie autochtone put être saillie à Lipizza. Puis, des étalons sont envoyés aux haras impériaux et royaux de Bobolna (1789) en Hongrie, à Radautz (1792) en Bukovine, à Piber (déjà en 1798) en Styrie et à Fogaros (1874) à la frontière de la Transylvanie. Des élevages privés bénéficient également de ces précieuses infusions de sang, comme ceux des princes Esterhazy, Karolyi et Schwarzenberg.

Hélas, la race Lipizzane ne manquera pas de subir les vicissitudes de l'histoire, qui commencèrent pour elle par les campagnes Napoléoniennes de 1797, 1805 et 1809. A trois reprises, à l'approche des troupes françaises, il fallut évacuer les chevaux du haras de Lipizza en Hongrie. Quelque-uns restèrent au haras de Mezöhegyes crée en 1785, où ils constituèrent la souche originelle de l'élevage hongrois de Lipizzans, poursuivi à partir de 1866 au haras de Fogaros. Durant leur dernier exode, les Lipizzans passèrent 6 ans à Recksa au bord de la Maros : ils y souffrirent du climat et de la nature du sol différent de celui du Karst. Fort heureusement, un nouveau siècle de paix passé à Lipizza, pendant lequel l'élevage continua à se structurer, permit de compenser les effets négatifs de ce séjour forcé. En 1861, les poulains commencèrent à être marqué au fer. Il fallut le coup de tonnerre de la première guerre mondiale pour qu'une nouvelle fois, du fait de l'entrée en guerre de l'Italie, le haras de Lipizza, sur l'ordre de l'Empereur François Joseph Ier (1848-1916), fut évacué en mai 1915. ses 300 chevaux furent repartis entre le haras de l'empereur à Laxenburg en Bohème. Après l'éffondrement de l'empire Austro-Hongrois en 1918, Trieste et sa région furent attribuées à l'Italie qui revendiqua les Lipizzans. Deux années d'âpres négociations se révélèrent nécessaires pour obtenir le partage de l'éffectif rassemblé à Laxenburg. En 1920, 107 de ces chevaux furent remis à l'Italie où se trouvait désormais Lipizza. La première république d'Autricche conserva 97 sujets auxquels vinrent s'ajouter ceux provenant du haras de Radautz.
Transférés en 1920 au haras de Piber, ils permirent d'y continuer l'élevage en étroite collaboration avec l'école de Vienne, selon les règles de l'ancien haras impérial de Lipizza.

En 1921, à l'aide de 37 chevaux restés à Kladrub, l'état Tchécoslovaque fonda, dans le district de Nitra, le haras de Lipizzans de Topolcianky.
Mais, c'est au cours de la seconde guerre mondiale que cette race dut affrontée ses plus terribles épreuves et manqua de disparaître à jamais.

Après l'Anschluss de l'Autriche en 1938, le haras de Piber fut subordonné au Ministère de l'Agricuture du Reich. Quant à l'école de Vienne, elle fut militarisée et dirigée par la Wehrmacht. En 1939, le chef d'escadron, Alois Podhajski, en prit la direction avec le titre de Kommandeur. Le grand maiîre de l'équitation allemande était le Docteur Gustav Rau (1879-1954), hippologue de réputation mondiale, qui jouissait alors d'un pouvoir considérable. Aussi décida-t-il de rassembler les élevages de Lipizzans des pays occupés par les troupes allemandes dans le vaste haras de Hostau au coeur de la forêt de Bohème. Il y fut muter, en 1941, le haras de Demir Kapia appartenant à la Maison Royale de Yougoslavie, en 1942, le haras de Piber, puis en 1943, celui de Lipizza, soit un total d'environ 350 Lipizzans. Malheureusement, des ventes irraisonées durant la dernière année de la guerre diminuèrent le nombre de chevaux, en particulier ceux provenant de Piber.

En mars 1945, devant la progression du front de l'Est et les raids aériens de plus en plus fréquents et violents sur Vienne, le kommandeur Podhajski prit la décision d'évacuer les étalons de l'école, en dépit de la résistance du gouverneur militaire de Vienne, qui jugeait cette détermination comme défaitiste et contraire à la propagande officielle (craignant le départ des Lipizzans de l'Ecole Espagnole, située au centre de la capitale, ne donne à la population viennoise, déjà affolée, la mesure éxacte de la situation). Au prix de grandes difficultés, Podhajski réussit à mettre à l'abri la précieuse sellerie, les oeuvres d'art et les archives de l'Ecole, et à quitter Vienne pour la Haute-Autriche avec 77 étalons en mars 1945, sauvant ainsi le patrimoine inestimable qui lui avait été confié. Il trouva refuge dans le village de Saint-Martin près de Ried. C'est là, dans une prairie, que, le 7 mai 1945, eut lieu une présentation de Haute Ecole, devenue historique, à l'issue de laquelle le Kommandeur Podhasjki sollicita du général Georges Patton (1885- 1945) la protection de l'armée américaine pour cette institution culturelle autrichienne ; il obtint aussi que soient ramenés vers l'Ouest les Lipizzans rassemblée à Hostau et qui risquaient de tomber comme butin de guerre aux mains des Russes. Une colonne motorisées du IIè régiment de cavalerie des Etats-Unis, sous les ordres du Colonel Charles Reed, ramena, les armes à la main, de Tchécoslovaquie, tout l'éffectif du haras de Hostau, parcourant 500 kilometres, en traversant des régions où l'on se battait encore, jusqu'a Schwarzenberg en Bavière, assurant ainsi la pérénité de l'élevage des chevaux Lipizzans.

Cette action, se situant aux heures cruciales du printemps de 1945, inspira à Walt Disney, en 1962, un très beau film dont le titre est "le grand retour".
En 1946, le haras de Lipizza, redevenue Yougoslave (Lipica en Croate) se vit remettre un certain nombre de lipizzans. Puis l'Italie exprima ses revendications concernant l'effectif provenant de Lipizza ; en novembre 1947, des chevaux lui furent remis, avec lesquels fut constitué, près de Rome, un haras de Lipizzans à Monterotondo, qui existe toujours. Les sujets revenant à l'Autriche furent tranférés en zone américaine où fut crée un haras "provisoire" au chateau de Winsbach à 20 km de Wels, où l'Ecole Espagnole de Vienne demeura 10 années en éxil. Mettant à profit la proximité de l'Ecole et du haras, le colonel Podhasjki opéra de judicieux accouplements ; les nombreux produits en résultants brillèrent par leurs qualités pendant de très longues années à l'école de Vienne. Il s'attacha également à redonner à cet institut un prestige qu'il n'avait plus guère connu depuis le règne des Habsbourgs, réorganisa les présentations publiques, dont il fit également bénéficier les troupes d'occupations. Puis il entreprit des tournées à l'étranger, dans toute l'Europe occidentale, et pour la preimère fois, aux Etats-Unis, contribuant ainsi à donner aux Lipizzans une renommée mondiale. lorsque l'Autriche fut liberée de sa quadruple occupation militaire, Les Lipizans firent, en octobre 1955, leur rentrée solennelle à Vienne, retrouvant leur magnifique écrin baroque, le manège de la Hofburg fondé en 1735 par l'Empereur Charles VI (1711-1740). Enfin, à l'automne 1952, l'élevage des Lipizzans autrichiens put regagner le haras de Piber et sa verte Styrie. Après quelques années difficiles, la direction en fut confiée, en 1957, au Docteur Heinrich Lehrner, sous l'impulsion duquel l'élevage atteignit au fil des ans la magnificence que nous lui connaissons aujourd'hui. Ainsi se termina l'odysée des chevaux Lipizzans.


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